Taekwondo ivoirien : le mal est profond
Le taekwondo ivoirien traverse une zone de fortes turbulences. La décision du ministère des Sports de demander la reprise de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) du 28 décembre 2025, objet de contestations depuis plusieurs mois, est venue confirmer que la crise qui secoue la Fédération ivoirienne de Taekwondo (FITKD) dépasse désormais le cadre d’un simple désaccord entre dirigeants.
Dans un courrier adressé le 14 septembre 2026 au président de la FITKD, Jean Marc Yacé, le ministère a relevé plusieurs irrégularités présumées dans l’organisation de cette AGO. Parmi elles figurent le recours à un canal informel d’information, le non-respect du délai réglementaire de convocation, mais également la non-transmission préalable du procès-verbal de la précédente assemblée à l’ensemble des membres statutaires.
À cela s’ajoutent des interrogations sur la conformité de l’ordre du jour aux textes de la Fédération et sur la transmission partielle du projet de modification des statuts. Autant d’éléments qui fragilisent la légitimité des décisions prises et alimentent la défiance au sein de la famille du taekwondo.
Une gouvernance sous pression
Le plus préoccupant reste toutefois l’accumulation des contestations. Le 7 septembre dernier, un collectif de 50 membres statutaires a officiellement exprimé son opposition. Cette démarche traduit l’existence d’un malaise suffisamment profond pour mobiliser une partie significative des acteurs appelés à participer à la vie institutionnelle de la Fédération.
Le cas du commissaire aux comptes cité dans le courrier ministériel, présenté comme n’étant pas inscrit à l’Ordre des experts-comptables de Côte d’Ivoire, ajoute une autre interrogation à celles déjà soulevées. Ces différents points devront évidemment être appréciés au regard des textes applicables et des réponses que pourront apporter les responsables concernés.
Repartir sur des bases plus solides
La position de World Taekwondo, qui a indiqué ne pas prendre de mesure sur le fond du différend et considère les questions de gouvernance comme relevant des autorités nationales, place désormais les acteurs ivoiriens devant leurs responsabilités.
Le ministère préconise une reprise de l’AGO, mais également une modification des textes avant l’Assemblée générale élective. L’objectif affiché est de parvenir à des règles consensuelles et inclusives, notamment sur la condition d’âge susceptible d’empêcher certaines candidatures.
Le chantier est donc considérable. Car reprendre une assemblée ne suffira pas à réparer une confiance profondément érodée. Le véritable défi sera de restaurer la crédibilité des mécanismes de gouvernance, de garantir la transparence des procédures et de permettre aux différentes sensibilités de participer au processus.
Le taekwondo ivoirien dispose d’une histoire et d’un palmarès qui imposent de dépasser les querelles internes. Pour sortir durablement de la crise, il faudra surtout que les textes cessent d’être perçus comme des instruments de confrontation et redeviennent le socle commun de la Fédération.
Noah Djédjé
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