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Élection à la présidence de la FITKD : Jean-Marc Yacé contre Cissé Cheick, peut-on éviter le clash ?

Dix ans après avoir offert à la Côte d’Ivoire sa première médaille d’or olympique aux Jeux de Rio 2016, Cissé Cheick change de registre. L’ancien champion a troqué le dobok pour le costume et ambitionne désormais de diriger la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD). Une candidature légitime, mais qui pourrait le conduire à affronter son ancien mentor, Jean-Marc Yacé. Le président sortant, qui viserait un troisième mandat à la tête de l’instance fédérale, pourrait ainsi se retrouver face à celui qui a marqué l’histoire du taekwondo ivoirien sous sa présidence.

Une confrontation aux enjeux sportifs, politiques et personnels, dans un contexte déjà fragilisé par une crise de gouvernance et de confiance qui secoue la discipline depuis plusieurs années. Toutefois, la participation de Cissé Cheick au scrutin reste suspendue aux conditions d’éligibilité en vigueur, notamment à la question de l’âge minimum requis. Une assemblée générale extraordinaire, annoncée pour le 15 novembre, pourrait rebattre les cartes. Entre ambitions légitimes, nécessité d’apaisement et bataille pour le fauteuil présidentiel, les avis des journalistes sportifs divergent. Le duel Yacé-Cissé est-il inévitable ou peut-on encore éviter le clash ?

Patrick Guitey, journaliste à Sportivoire :

« Ce sont des ambitions légitimes qui s’expriment »

« Je ne sais pas si le terme “clash” est approprié. Ce sont des ambitions légitimes qui s’expriment. Reste qu’il faut s’en tenir aux textes et surtout sortir de cette période de crise que connaît la seule discipline ayant rapporté une médaille d’or olympique à la Côte d’Ivoire. Pour l’heure, la balle est dans le camp du ministère des Sports, qui s’attelle, avec le Comité national olympique, à résoudre la crise de confiance et de gouvernance, alimentée par des contestations qui remontent à plusieurs années. »

Guy Gbocho Martial, journaliste à Supersports :

« On peut éviter le clash Yacé-Cissé, si... »

« Je pense qu’on peut éviter le clash entre Jean-Marc Yacé et Cissé Cheick lors de l’élection à la présidence de la FITKD. Il suffirait que le président sortant décide de ne pas se représenter. À mon sens, Jean-Marc Yacé ne devrait pas briguer un nouveau mandat.
Ce serait, selon moi, se rabaisser que de rivaliser pour la présidence avec un athlète qui a combattu sous son mandat. Ce serait même humiliant pour lui si Cissé Cheick venait à le battre.
Lorsque Jean-Marc Yacé s’est engagé dans le taekwondo, il ne pensait probablement pas diriger un jour la Fédération. Aujourd’hui, il l’a fait, et cela restera dans les annales du taekwondo ivoirien. Nous savons tous qu’il est très occupé par ses nombreuses responsabilités. Il serait donc judicieux qu’il passe le relais à son athlète, Cissé Cheick, et lui donne l’occasion de concrétiser son ambition de diriger cette Fédération. »

Izoudine Youssef, journaliste à Stadivoire:

« Il n’y a pas de conflit entre Cissé et Yacé »

« La crise du taekwondo n’aurait pas dû prendre une telle ampleur si le président Yacé avait pris de la hauteur pour engager lui-même les discussions. Il aurait également dû éviter une gestion par procuration et ne pas chercher à couvrir les graves agissements de certains de ses collaborateurs.

Pour moi, il n’y a pas de conflit entre Cissé et Yacé. Les périodes électorales sont souvent tendues et mouvementées.

Il faut d’abord attendre l’assemblée générale extraordinaire, qui déterminera si Cissé Cheick peut ou non être candidat. Ensuite, si les deux hommes se présentent effectivement, nous pourrons véritablement parler d’un affrontement. »

Sanh Séverin, journaliste à Abidjansports:

« Il y aura bel et bien cette confrontation »

« On ne peut pas éviter le clash dans la mesure où Jean-Marc Yacé, l’actuel président de la FITKD, est candidat à sa propre succession. Nous sommes en 2026, une année électorale, et Cissé Cheick a également annoncé sa candidature. L’ancien athlète, qui vient de mettre un terme à sa carrière, s’apprête donc à affronter celui que l’on peut considérer comme son mentor. À travers sa fondation, Cissé Cheick mène des activités dont certaines bénéficient du soutien de Yacé. À titre d’exemple, le Fitini Show en taekwondo est financé à hauteur de six millions de F CFA par ce dernier. Le tableau est donc assez parlant : “J’ai été ton président et aujourd’hui, tu veux m’affronter.” Le clash semble inévitable.

Reste à savoir si Cissé Cheick sera autorisé à se présenter. Selon les critères actuellement en vigueur, il faut avoir au moins 40 ans pour briguer la présidence de la Fédération. Or, Cissé Cheick a eu 33 ans le 19 septembre dernier. C’est dans ce contexte que le ministère des Sports a demandé la tenue d’une assemblée générale extraordinaire le 15 novembre afin de réexaminer la limite d’âge. Une décision susceptible d’ouvrir la voie à sa candidature, mais à laquelle le camp de Yacé s’oppose. »

Noah Djédjé

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