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Interview / Mi-Carême Moïse Essis, président de la Fédération ivoirienne de tir à l'arc: « Le tir à l'arc en Côte d'Ivoire est dans un état difficile »

Le président de la Fédération Ivoirienne de Tir à l'Arc, Mi-Carême Moïse Essis dresse l'état des lieux de la discipline en Côte d'Ivoire, dans cet interview.

Quel bilan faites-vous de la mi-saison ?

À cinq mois de la fin de la saison, beaucoup reste encore à accomplir, tant sur le plan national qu'international. Nous dresserons un bilan complet à la fin de la saison.

Quels sont les principaux défis auxquels la Fédération est confrontée aujourd'hui ?

La Fédération est confrontée à plusieurs défis : former davantage d'animateurs et d'entraîneurs sur l'ensemble du territoire, développer la pratique du tir à l'arc dans toutes les régions de la Côte d'Ivoire et conquérir des titres internationaux ainsi que des qualifications olympiques.

Quelles sont vos grandes priorités ?

Nos priorités découlent directement de ces défis. Il s'agit notamment de renforcer le nombre de techniciens qualifiés, d'acquérir des équipements adaptés, de promouvoir la discipline à travers tout le pays, de remporter des médailles aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026 et de qualifier des archers pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

Quel est l'état actuel du tir à l'arc en Côte d'Ivoire ?

Le tir à l'arc en Côte d'Ivoire traverse une période difficile. Nous faisons face à un manque de ressources humaines, matérielles et financières. Par ailleurs, les infrastructures sportives ne sont pas adaptées à la pratique de toutes les disciplines. Certains sports bénéficient d'un meilleur accompagnement, tandis que d'autres, comme le tir à l'arc, reposent essentiellement sur les efforts des fédérations.

Combien de clubs et de licenciés compte aujourd'hui la Fédération ?

Nous comptons actuellement 14 clubs et environ 500 licenciés. Le tir à l'arc est un sport de qualité plus que de quantité. Sa pratique est très réglementée et exige le respect de règles de sécurité strictes.

Quelles actions menez-vous pour populariser cette discipline auprès des jeunes ?

Les jeunes sont au cœur de toutes nos actions. Notre équipe dirigeante est composée à 95 % de jeunes. Au-delà de la pratique sportive, nous utilisons le tir à l'arc comme un outil d'éducation. Cette discipline enseigne la patience, la persévérance, l'extrême concentration et la capacité à reproduire un geste avec précision, même lorsque les conditions évoluent.

Avez-vous des programmes destinés aux établissements scolaires et universitaires ?

Oui. Le tir à l'arc figure au programme officiel mondial des sports scolaires et universitaires. Nous avons donc des projets en direction des écoles. Toutefois, leur mise en œuvre nécessite des espaces adaptés, ce qui constitue encore un frein dans de nombreux établissements.

Quels sont les meilleurs résultats obtenus récemment par les archers ivoiriens ?

Les archers ivoiriens figurent parmi les meilleurs du continent. Le 26 juillet 2026, à Oran, en Algérie, nous avons été sacrés vice-champions d'Afrique chez les moins de 18 ans. Nous étions également détenteurs de plusieurs titres africains chez les seniors, les juniors et les cadets. Malheureusement, lors des Championnats d'Afrique 2026, nous n'avons pas disposé des ressources financières nécessaires pour envoyer tous nos champions défendre leurs titres. Nous les avons donc perdus sans avoir pu les défendre sur le terrain.

Quels objectifs sportifs vous fixez-vous à court et moyen termes ?

À court terme, notre ambition est de décrocher des médailles aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026 et d'obtenir des qualifications pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Si les moyens techniques nécessaires sont réunis, nous pouvons également viser une médaille olympique.

La Côte d'Ivoire ambitionne-t-elle de qualifier des archers pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 ?

Absolument. Nous disposons d'athlètes capables de relever ce défi. Ce qui nous manque aujourd'hui, ce sont des équipements de haut niveau et une participation régulière à des compétitions internationales de très haut niveau.

Les infrastructures actuelles répondent-elles aux exigences de votre discipline ?

Non. Les infrastructures actuelles ne sont pas adaptées à la pratique du sport d'élite et du haut niveau.

Quels investissements sont nécessaires pour développer le tir à l'arc ?

Les besoins sont nombreux. Il faut former davantage d'animateurs et d'entraîneurs, acquérir des équipements afin d'équiper les pas de tir et les archers, puis détecter et accompagner les meilleurs talents pour constituer une véritable élite nationale.

La Fédération bénéficie-t-elle d'un accompagnement suffisant de l'État et des partenaires privés ?

L'État apporte un soutien, mais celui-ci reste insuffisant pour assurer le développement du tir à l'arc en Côte d'Ivoire. Quant aux partenaires privés, il n'existe pas encore de véritable politique nationale définissant clairement les contreparties du sponsoring sportif. À ce jour, nous ne bénéficions d'aucun partenaire, ni de façon ponctuelle ni sur le long terme. Nous recherchons activement des partenaires prêts à nous accompagner dans notre mission d'éducation des jeunes à travers le tir à l'arc.

Où souhaitez-vous voir le tir à l'arc ivoirien dans cinq ans ?

Au niveau national, je souhaite voir notre discipline pratiquée dans de nombreuses villes du pays, avec un championnat réunissant des centaines d'athlètes des catégories minimes, cadets, juniors et seniors. Sur le plan continental, notre objectif est de conserver notre statut de leader africain. Enfin, au niveau international, nous voulons accéder régulièrement aux podiums et remporter des médailles.

Quel message adressez-vous aux jeunes qui souhaitent découvrir cette discipline ?

J'invite tous les jeunes à participer massivement aux activités de détection que nous organiserons durant les vacances dans plusieurs villes et communes de Côte d'Ivoire. Ce sera l'occasion de découvrir le tir à l'arc, d'en apprendre les valeurs et, pourquoi pas, de rejoindre cette grande famille sportive.

Réalisée par Noah Djédjé

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