Emerse Faé – Pape Thiaw : Même scénario, mêmes erreurs, même sanction
Les éliminations de la Côte d'Ivoire et du Sénégal en seizièmes de finale du Mondial 2026 ont un point commun : elles portent l'empreinte des choix de leurs sélectionneurs. Si les joueurs ont leur part de responsabilité, les décisions d'Emerse Faé et de Pape Thiaw dans le dernier quart d'heure ont largement pesé dans l'issue de leurs rencontres. Deux scénarios différents, mais une même conclusion : une gestion tactique défaillante qui a coûté une qualification.
Face à la Norvège, Emerse Faé avait pourtant réussi son premier pari. Menés au score, les Éléphants ont retrouvé de l'allant grâce à l'entrée d'Amad Diallo, dont l'impact offensif a permis à la Côte d'Ivoire d'égaliser et de reprendre confiance. À cet instant, le match semblait avoir basculé en faveur des Ivoiriens. Les Éléphants dominaient les débats, monopolisaient le ballon et donnaient l'impression d'être les plus proches d'inscrire le but victorieux.
C'est précisément à ce moment que le sélectionneur ivoirien a brouillé son propre plan de jeu. En décidant de sortir Chris Inao, l'un des rares milieux capables de casser les lignes, de récupérer les ballons et de maintenir l'intensité au cœur du jeu, il a privé son équipe de son principal point d'équilibre. Ibrahim Sangaré et Franck Kessié, déjà éprouvés physiquement, se sont retrouvés livrés à eux-mêmes. Le bloc ivoirien s'est progressivement étiré, les espaces sont apparus et la Norvège a repris confiance avant de porter l'estocade en fin de rencontre. Ce coaching, loin d'apporter de la fraîcheur, a désorganisé une équipe qui maîtrisait pourtant son sujet.
Pape Thiaw a commis une erreur du même ordre contre la Belgique. Avec deux buts d'avance et une équipe belge incapable de créer le danger, le Sénégal semblait filer tranquillement vers les huitièmes de finale. Pourtant, le technicien sénégalais a choisi de sortir Pape Guèye, véritable sentinelle de son entrejeu. Le milieu de terrain, dont les gestes de frustration ont immédiatement traduit son incompréhension, assurait jusque-là l'équilibre défensif et la première relance.
Son remplacement a totalement changé la physionomie du match. Le milieu sénégalais a perdu en agressivité et en maîtrise, laissant à Youri Tielemans davantage d'espace pour organiser le jeu belge. En quelques minutes, les Lions ont perdu le contrôle émotionnel et tactique de la rencontre, encaissant deux buts en trois minutes avant de s'effondrer définitivement en prolongation.
Le très haut niveau ne pardonne aucune approximation. Un sélectionneur est jugé sur sa capacité à lire les moments clés d'un match et à effectuer les ajustements appropriés. À Seattle comme ailleurs, Emerse Faé et Pape Thiaw ont, au contraire, modifié l'équilibre de leurs équipes au moment où il fallait le préserver. Leurs choix n'expliquent pas à eux seuls ces éliminations, mais ils les ont incontestablement facilitées.
À ce niveau de compétition, le coaching ne consiste pas seulement à effectuer des changements. Il s'agit de comprendre la dynamique d'un match, de protéger ses points forts et d'anticiper les réactions de l'adversaire. Sur ce point, les deux sélectionneurs africains ont manqué leur rendez-vous avec l'histoire.
Noah Djédjé
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