Ballon d’Or africain : Le panthéon des légendes du continent
En décrochant le Ballon d’Or africain 2025, Achraf Hakimi a franchi un cap historique. Le Marocain du Paris Saint-Germain s’inscrit désormais dans le cercle très fermé des géants du football africain, ceux dont les noms résonnent comme des symboles d’excellence, de régularité et d’influence sur le jeu. Ce trophée continental, remis chaque année par la CAF, distingue depuis plus de trois décennies les footballeurs ayant marqué la saison par leurs performances individuelles et leurs succès collectifs. À travers son histoire, il a façonné une véritable galerie de légendes.
Les pionniers : l’âge d’or des années 1990
Les premières éditions du Ballon d’Or africain moderne ont été dominées par des joueurs charismatiques et décisifs. Le Nigeria y a particulièrement brillé. Rashidi Yekini (1993), Emmanuel Amunike (1994) puis Nwankwo Kanu, couronné en 1996 et 1999, ont porté haut les couleurs des Super Eagles. Le Ghana a également été mis à l’honneur grâce à Abedi Pelé, sacré en 1992, immédiatement après la création du format moderne du trophée.
L’Afrique du Nord a répondu présente en 1998 avec Mustapha Hadji, dont la Coupe du monde au sein des Lions de l’Atlas reste encore gravée dans les mémoires. Un an plus tôt, le continent avait déjà célébré l’un de ses plus grands talents : le Nigérian Victor Ikpeba, récompensé après une saison exceptionnelle à l’AS Monaco.
George Weah, la figure intemporelle
L’année 1995 demeure un marqueur indélébile dans l’histoire du football africain : George Weah, alors à l’AC Milan, devient le seul joueur du continent à remporter le Ballon d’Or mondial. Son sacre continental ne fut qu’un prélude à une domination planétaire qui l’a installé comme l’un des plus grands joueurs de tous les temps. Son nom reste incontournable lorsque l’on évoque le Ballon d’Or africain.
Les années 2000 : Eto’o, Drogba et le duel des géants
La décennie 2000 a vu s’affronter deux monuments : Samuel Eto’o et Didier Drogba. Le Camerounais est devenu le joueur le plus titré de la compétition avec quatre trophées (2003, 2004, 2005, 2010). Puissance, instinct de buteur et leadership en club comme en sélection ont fait de lui une référence absolue.
Drogba, son grand rival, s’est imposé en 2006 et 2009. L’Ivoirien, héros de Chelsea, a porté à un niveau inédit l’image de l’attaquant africain en Europe. Frédéric Kanouté (2007) et Emmanuel Adebayor (2008) ont aussi marqué cette ère par leur talent et leur régularité.
Yaya Touré et la domination ivoirienne
Les années 2011 à 2014 ont été celles de Yaya Touré. Le milieu de Manchester City a réalisé l’exploit unique d’enchaîner quatre sacres consécutifs, témoignant de son influence exceptionnelle en club et en sélection. Rarement un joueur n’aura autant dominé son poste au niveau mondial.
La génération moderne : Mahrez, Salah, Mané, Osimhen, Lookman
Depuis 2015, une nouvelle vague de talents a pris la relève. Riyad Mahrez a porté haut l’Algérie en 2016, tandis qu'Aubameyang a marqué l’année 2015. Mohamed Salah (2017, 2018) et Sadio Mané (2019, 2022) ont ensuite imposé leur duel, prolongeant la rivalité historique Égypte–Sénégal au sommet du football africain. Plus récemment, Victor Osimhen (2023) et Ademola Lookman (2024) ont confirmé l’émergence du Nigeria comme grande puissance footballistique.
Hakimi, nouveau membre du cercle sacré
En 2025, Achraf Hakimi fait son entrée dans ce panthéon. Premier Marocain titré depuis Mustapha Hadji en 1998, il s’ajoute à une liste qui raconte à elle seule l’histoire du football africain moderne : ses talents, ses cycles, ses duels, mais aussi son évolution vers toujours plus d’excellence.
Le Ballon d’Or africain n’est pas seulement une distinction individuelle ; il est le miroir de la grandeur africaine dans le football mondial. Désormais, Hakimi y a sa place.
Noah Djédjé
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