Présidence de la FIF Malick Tohé : « La survie ne suffit plus, il faut construire des clubs forts »
Candidat non encore déclaré officiellement à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Malick Tohé dévoile progressivement sa vision pour l'avenir du football national. Le président du Club omnisports de Korhogo (COK) défend un modèle fondé sur une gouvernance rigoureuse, une stabilité financière et une meilleure valorisation des talents locaux.
Une gestion axée sur trois priorités
Pour Malick Tohé, un dirigeant de club ne peut plus se limiter à la seule performance sportive. Il doit concilier résultats, stabilité institutionnelle et développement économique.
« Les trois, dans cet ordre, et en même temps. Lorsque j'ai pris les rênes du COK, après l'immense travail de mon aîné Bakary Ouattara à qui je rends hommage, nous étions dans une logique de survie en Ligue 1. Pendant deux saisons, notre combat a été de rester dans l'élite. Aujourd'hui, notre discours évolue : nous visons désormais le milieu, voire le haut du classement », explique-t-il.
Selon lui, cette ambition ne peut être durable sans une organisation solide. « Le premier devoir d'un dirigeant est d'aligner les trois horizons : sécuriser le court terme, structurer le moyen terme et bâtir patiemment le long terme. Bakary Ouattara incarne l'expérience, moi j'apporte la stratégie. Ensemble, nous voulons faire du COK une institution forte », souligne-t-il.
Mieux valoriser les jeunes talents en Côte d'Ivoire
L'autre pilier de son projet porte sur la création de richesse à partir des jeunes joueurs formés localement. Pour Malick Tohé, les clubs ivoiriens doivent tirer davantage de bénéfices de leur travail de formation avant le départ des talents vers l'étranger.
« Il faut arrêter de considérer nos jeunes joueurs uniquement comme une matière première à exporter. Un talent formé en Côte d'Ivoire doit d'abord créer de la valeur dans son club formateur, dans sa ville et pour l'économie locale avant de partir », affirme-t-il.
Il plaide ainsi pour une application plus rigoureuse des mécanismes internationaux de compensation, notamment les indemnités de formation, les mécanismes de solidarité et des contrats professionnels mieux structurés afin de protéger les intérêts des clubs.
Faire des clubs des moteurs de développement local
Au-delà du terrain, Malick Tohé estime que les clubs doivent devenir de véritables leviers de développement économique pour leurs territoires.
Prenant l'exemple du COK, il rappelle que « ce n'est pas qu'une équipe de football. C'est un employeur, un vecteur d'image pour Korhogo, un atout pour le tourisme et le commerce local ». Pour lui, cette approche permet de transformer un club en un véritable actif territorial, capable de générer des retombées économiques tout en renforçant son ancrage auprès des populations.
À travers cette vision, le dirigeant sportif entend promouvoir un modèle où la performance sportive s'appuie sur une gouvernance moderne, une gestion professionnelle et une création durable de valeur au bénéfice de l'ensemble de l'écosystème du football ivoirien.
Noah Djédjé
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